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Des esclaves énergétiques: Réflexions sur le changement climatique

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5Commentaires de lecture
Par Jean-Marc Jancovici
Nos propres descendants nous appeleront-ils un jour des barbares ? D’aucunes mauvaises langues diraient sûrement qu’ils auront un paquet de raisons de le faire, mais l’auteur se concentre sur l’une d’entre elles, qui n’est peut-être pas la plus évidente pour le profane : l’utilisation des combustibles fossiles. En effet, ces derniers, à l’origine de l’essentiel de nos émissions de gaz à effet de serre, sont bien parties pour conduire à une déstabilisation violente de notre environnement (y compris sanitaire, social et politique) dans un avenir plus ou moins proche.Dans ce petit livre passionnant, qui se lit très facilement, l’auteur explique que, au fond, notre amour de la machine à vapeur et de ses descendants nous rapproche fortement des sociétés esclavagistes, tant les parallèles sont nombreux : l’esclavagisme a, comme les combustibles fossiles, favorisé l’émergence des sociétés industrielles, en fournissant des denrées essentielles à l’essor des usines, notamment le coton (car les débuts de l’industrie sont fortement liés à la création de la machine à tisser), l’utilisation des esclaves permettait d’avoir un surplus de force mécanique pour les “hommes libres”, surplus désormais fourni par les machines fonctionnant grâce aux combustibles fossiles, l’esclavagisme avait des côtés immoraux, puisqu’il causait la souffrance d’une partie des hommes au profit d’une partie des autres, exactement comme l’extraction des combustibles fossiles, et surtout le changement climatique futur lié à leur utilisation, fera souffrir une partie des hommes au bénéfice d’autres, Dans un cas comme dans l’autre des partisans du statu quo tent(ai)ent de minimiser les inconvénients du systèmePuisque nous avons tant de mal, aujourd’hui, à nous passer de combustibles fossiles, comment expliquer que nous ayons réussi à nous passer d’esclaves ? Tout simplement parce que ces derniers ont été supplantés, par la suite, par les machines… utilisant des combustibles fossiles. Cette hypo(thèse) est étayée par de nombreuses références historiques, même si, dans un premier temps, les deux usages (combustibles et esclaves) se sont plutôt renforcés l’un l’autre (grâce aux débuts des industries textiles utilisant du coton, et grâce aux bateaux à vapeur favorisant le commerce transatlantique) qu’opposés.Un autre enseignement très utile de ce livre, qui s’applique directement à l’avenir cette fois-ci, est l’analyse de la manière dont les deux pays les plus concernés par la traite des Noirs (les Etats Unis et la Grande Bretagne) ont adopté des stratégies de sortie totalement différentes. Aux Etats Unis, les partisans de l’abolition étaient dans une stratégie du “tout ou rien”, avec pour résultat qu’il a fallu en passer par une guerre civile pour que l’esclavagisme soit aboli, et que la suite de l’histoire a été une politique de ségrégation qui, dans ses formes les plus dures, a été aussi violente que l’esclavagisme ou presque, En Grande Bretagne, les adversaires de l’esclavagisme ont suivi une politique des petits pas, mais au final ont obtenu l’abolition plus vite qu’aux USA et sans guerre.La conclusion, même si elle n’est qu’en filigrane, semble claire : pour sortir les combustibles fossiles de notre économie, une succession de mesures pragmatiques et graduelles semble plus assurée de nous amener le succès que la poursuite du Grand Soir, qui ne permettra d’obtenir le but recherché qu’au prix d’une profonde cassure dans la société.

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5Très bonne approche pour prendre du recul sur le présent à partir du passé, plutôt que lire le passé avec les yeux du présent
Par Guillaume Emin
Livre très intéressant et agréable à lire. Oui nous sommes actuellement confrontés à de graves risques énergétiques et climatiques. Le livre ne les détaille pas mais il développe une piste de réflexion intéressante sur notre rapport à l’histoire et à la nature humaine. Nous avons eu pendant longtemps un penchant à nous croire meilleurs que les générations précédentes (cf. la confiance dans le progrès de l’histoire à partir de la modernité de la Renaissance et des Lumières), et ce notamment à travers des relectures fréquentes du passé avec les idées de l’époque (grilles d’analyse dans lesquelles le passé est perdu d’avance!). On a tellement tiré sur cette corde aujourd’hui, qu’on ne croit plus tellement au progrès de la raison (deux guerres mondiales ont aussi apporté leur dose de relativisme). Mais le passé a malgré tout conservé ses allures rustiques, ce qui fait que nous avons parfois bien du mal à en apprendre quelque chose pour aujourd’hui.En bon historien, l’auteur permet une salutaire escapade dans une compréhension plus contextuée de l’esclavage. Certainement pas pour le réhabiliter mais justement pour nous aider à saisir l’importance des menaces énergétiques actuelles. Et bien sûr pour mieux comprendre l’importance de notre contribution à ces menaces, contribution souvent indirecte, comme l’était celle de ceux qui tiraient profit des biens produits par les esclaves.Le livre montre bien les limites d’une comparaison entre esclavage réel et énergétique (en particulier par le fait que l’esclavage réel manipule des “personnes”), mais il garde le mérite de faciliter une prise de recul sur ce que nous vivons actuellement. Le lien est bien fait avec le présent, toutefois sans cette absorption trop fréquente du passé dans les mentalités du présent. Peut-être est-ce alors une manière utile de nous rappeler tout simplement qu’il convient d’abord de voir nos manquements personnels et présents plutôt que de juger constamment le passé comme inférieur voire arriéré (moyen de regarder peut-être ailleurs et de se mettre parfois en avant de façon assez artificielle). Il est parfois bien utile d’être mis devant nos contradictions, et il nous reste encore suffisamment de cet intérêt pour la vérité qu’avait diffusé la modernité rationnelle pour que nos contradictions continuent de nous intéresser.

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4Une salutaire comparaison
Par Yolanda
Ce livre présente en premier lieu les interactions et rétro-actions complexes qui ont été celles de l’esclavage, la stimulation industrielle, l’invention du travail artificiel par la machine à vapeur, et le mouvement anti-esclavagiste. Mais son propos de fond, c’est de dresser ce parallèle terrifiant, glaçant, mais amené de façon limpide et quasi-imparable : quelle différence y a-t-il, dans le fond, entre les propriétaires d’esclaves du XIXème siècle, qui pouvaient raisonnablement se douter que maintenir des êtres humains en esclavage était une forme de transgression morale, et les actuels pollueurs recourant à des consommations très carbonées (viande à gogo, avion, produits d’importation ayant énormément voyagé, etc.), qui en 2012 savent très bien que leur geste aura un impact potentiellement fort sur la qualité de vie d’autres hommes, qu’ils soient localisés ailleurs sur la planète, ou bien dans le futur.Et le livre de conclure que sans doute, oui, nos descendants nous trouverons tout aussi “barbares” que les esclavagistes du XIXème siècle. Le rapprochement est là, il est argumenté, il est pertinent, et il fait MAL !On pourrait peut-être simplement regretter 2 petites choses :- 1/ il manque une esquisse de “ce qu’il faudrait faire”, justement, pour dès aujourd’hui consommer mieux ou enclencher l’effort de R&D nécessaire à consommer mieux demain. Ce n’est vraisemblablement pas le travail de l’historien, mais tout de même la fréquentation de Polytechniciens écolos de l’auteur aurait dû lui permettre de glisser un peu plus de pistes en la matière, quitte à encourager, pour plus de développements, la consultations d’autres ouvrages- 2/ il n’y a pas de contre-argumentaire pour l’objection certes naïve, mais qui vient tout de suite à l’esprit : l’auteur démontre clairement que l’esclavage n’a commencé à être dénoncé comme une transgression morale que lorsqu’une alternative crédible au travail humain a vu le jour, à savoir la machine à vapeur. Avant, on a organisé la traite des êtres humains sans remord, et sans restriction forte. Dès lors, on aurait envie de conclure que par analogie, il est très peu crédible d’imaginer que sans alternative viable aux énergies fossiles, il est inutile d’espérer qu’une prise conscience collective, fut-elle argumentée, soit suivie d’effets quantitatifs en termes de limitation des émissions de CO2. A ce moment-là, si l’Histoire démontre qu’en l’absence d’alternative au pétrole, le gros de la race humaine ne fera rien pour se restreindre, à quoi bon culpabiliser ??L’argumentaire développé dans le livre a ce deuxième tranchant malheureux, qu’il aurait été judicieux d’évacuer, d’autant plus que l’auteur explique bien noir sur blanc qu’avant la machine à vapeur, il y a eu zéro mouvement d’ampleur anti-esclavagiste. Dommage de ne pas avoir anticipé le coup.

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Telecharger Ebook Gratuit Des esclaves énergétiques: Réflexions sur le changement climatique | Ebook | 4.5

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