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Faut-il sortir de l'euro ?

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45 internautes sur 47 ont trouvé ce commentaire utile.
5Un livre qui devrait compter…
Par Emerek
« Faut-il sortir de l’euro ? » : Jacques Sapir pose une question, mais à l’évidence il donne sa réponse. Elle est positive et il suffit pour le comprendre de considérer la dernière phrase du livre : « L’euro est entré dans sa phase terminale » (p. 192). Pourtant, la position de Sapir n’est pas de principe. Dans une note de bas de page (p. 151), il indique même que jusqu’au printemps 2011, il était plutôt favorable à une autre voie : celle d’une monétisation directe de la dette des États par la Banque centrale européenne. Idéalement, ce serait la meilleure solution possible face à la crise de la dette publique affectant une bonne partie de l’Europe. Mais depuis le difficile accord des 27-28 octobre, cette option ne paraît plus avoir, aux yeux de l’auteur, la moindre chance d’advenir. Le scénario optimal n’étant plus plausible, Sapir se tourne vers le « Plan B » que constitue la sortie de l’euro. Et, à cet égard, et comme il le fait dans chacune de ses contributions, Jacques Sapir déploie avec compétence et en s’appuyant sur une importante base bibliographique, un ensemble argumentatif tout à fait significatif.Mais, pour commencer, Sapir entreprend un « voyage aux sources de l’euro » (titre du premier chapitre). Il montre que « l’euro est dès ses origines un mécanisme incomplet et ne pouvait que l’être » (p. 23). La monnaie unique correspond à un État fédéral qui, dans le cas de l’Europe, n’existe pas. Il faudrait a minima, pour ce faire, disposer d’une forte solidarité fiscale permettant efficacement de suppléer aux importantes inégalités de développement. Or la contribution moyenne des États à l’Europe représente 1,26% du PIB quand dans un « vrai » État fédéral, cette part devrait atteindre entre 14 et 18% (cf. p. 43). En fait, la charrue a été mise avant les boeufs : on a instauré l’euro pour que, crise et solution à la crise aidant, l’Europe aille vers le fédéralisme, mais ce « fédéralisme furtif » (p. 40) est un « pari très dangereux » (p. 41). Et puis, la monnaie unique n’a jamais vraiment tenu ses promesses. Elle devait favoriser la croissance : en fait, entre 2001 et 2011, le taux de croissance dans la zone euro est de 1,1%, alors que la moyenne de l’OCDE est de 1,8 % (1,9 % pour les USA, 2,1% pour le Canada, 3,1% pour l’Australie, etc. – cf. tableau p. 59). On s’attendait à ce que l’inflation soit homogène selon les pays de la zone : ce n’est même pas le cas (cf. tableau p. 52). Enfin, alors que par définition une monnaie unique interdit la spéculation sur les taux de change, en réalité celle-ci se reporte sur les taux d’intérêt de la dette souveraine selon les pays.Dans le chapitre 2, « l’Europe au risque de l’euro », Sapir s’attaque à la stratégie qui voudrait coûte que coûte préserver l’euro. « Coûte que coûte », c’est le cas de le dire, car le prix en termes d’austérité serait considérable. C’est déjà le cas pour la Grèce dont le taux de pauvreté atteint 25% et pourrait grimper jusqu’à 36% si de nouvelles mesures de rigueur sont mises en oeuvre… La fiscalité accrue et les ponctions dans les dépenses publiques impliqueraient une récession, voire une régression, de l’activité avec pour conséquence une augmentation du taux de la dette – mécaniquement le dénominateur diminue – et l’enclenchement d’une spirale économique dépressive.Enfin, dans un dernier chapitre, Sapir entrevoit les solutions possibles. Il balaie d’abord les jugements à l’emporte-pièce qui tenteraient de faire croire que « l’euro c’est la paix sur le continent européen » ou « l’euro c’est l’Europe » : « ce sont, dit-il, des injures à l’intelligence qui montrent un mépris de l’Histoire et de ses réalités » (p. 169). Au contraire, il faut craindre que les négociations inabouties et les efforts sans cesse demandées aux populations n’attisent des sentiments conflictuels entre les peuples européens. Plus haut dans le livre, Sapir écrit même : « c’est bien l’euro contre les Européens et, en définitive, contre l’Europe » (p. 107).Il analyse ensuite les caractéristiques d’une sortie de l’euro. Celle-ci passerait par une monétisation partielle de la dette publique (dès lors par la Banque de France, la BCE ayant renoncé à cette possibilité) et par une dévaluation de la monnaie. Reprenant une analyse de Patrick Artus, il montre qu’un taux de change adéquat pourrait très vite favoriser la croissance économique et rétablir les finances publiques. Pour résumer son analyse, on peut utilement reprendre cette phrase : « En fait, une sortie de l’euro provoquerait un choc immédiat suivi d’une période de forte croissance, alors que le maintien dans l’euro nous impose une dégradation régulière de la situation et une baisse du pouvoir d’achat inéluctable » (p. 166).On ne saurait bien sûr, dans un simple commentaire, rendre compte dans le détail de toute la richesse analytique que contient cet ouvrage : sur la monnaie commune préférable à la monnaie unique, sur l’importance de l’État-Nation, sur la réindustrialisation du pays, sur la fausse solution du recours aux BRICS, etc. Cela ne rend la lecture du livre que plus indispensable encore.Face au débat qui a été initié et qui ne peut que se renforcer quant au devenir de la zone euro, l’ouvrage de Sapir constitue une contribution essentielle. Vouloir éluder ce débat ou le clore à peine ouvert, au prétexte notamment que la sortie de la monnaie unique est préconisée par le Front national, serait d’une grande stupidité et d’une coupable inconséquence. Après tout, d’autres voies, avec ou sans sortie de l’euro, peut-être non encore pensées à ce jour, pourront être proposées à la faveur d’un tel débat. Pour le moins, l’euro ne doit pas être un tabou.

11 internautes sur 11 ont trouvé ce commentaire utile.
5Tous les éléments du problème
Par Jules Alexandre Théophraste de Corvée de Ch…., dit “Dupond”
Voici un ouvrage très clair qui résume l’histoire du projet de l’euro, ses sous-jacents idéologiques, ses présupposés économiques et qui montre clairement qu’il ne peut y avoir de monnaie unique entre des pays qui ont de tels différentiels de productivité.Faut-il sortir de l’euro? En fait c’est l’euro qui va sortir tout seul et la question est beaucoup plus de savoir comment nous n’allons pas être entraînés dans son effondrement. L’ouvrage se lit aisément, nonobstant la nature technique du sujet.Il est à lire par tout citoyen qui veut agir informé dans le contexte actuel de crise.

6 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile.
4Un discours pro sortie de l’Euro servie par une description très complète de la situation de l’Euro
Par Reboul
Le discours de Jacques Sapir est très documenté sur un plan économique mais moins dans ses prolongements politiques où il préconise la fin de l’Euro, celui-ci étant entré comme il le souligne dans les dernières pages du livre « dans sa phase terminale ».L’Euro a privé les Etats de leurs instruments de politique économie dont 2 sont majeurs.1. L’instrument de création monétaire via le mécanisme bien connu de la planche à billet. Il impacte les taux d’intérêt via l’offre et la demande de monnaie. Ainsi dans une conjoncture difficile, une politique de création monétaire peut éviter une récession en soutenant la demande mais au risque de creuse le déficit. C’est le cas de la France depuis 2008.2. L’instrument portant sur la dévaluation compétitive. Une dévaluation à l’époque des monnaies nationales permettait de rééquilibrer la balance commerciale (dans le cas d’un déficit par exemple) et de soutenir les produits nationaux à l’exportation. Dans le cas où le Franc se dévalue par rapport au Dollars. Il faut plus de Francs pour acheter 1 Dollar. Ce qui veut dire que sur 1 produit Français vendu 1 dollar sur le marché US, l’entrepreneur Français percevra plus de Franc une fois que celui-ci aura été dévalué. (1d = 1f et 1d =1,5f Chiffre d’affaire + 50 %)Comprendre ces 2 mécanismes est fondamental.1. Les états ne pouvant avoir la main sur la création monétaire comme source de financement ont été obligé de se tourner sur le marchés financiers avec l’impact sur le montant de la dette publique. Sachant que la façon dont est déterminé le prix de marché des dettes (le taux d’intérêt) échappe aux états.Les états ne peuvent jouer sur les dévaluations compétitives pour contrer les performances industrielles & commerciales des autres compétiteurs.Autre mécanisme fondamental qu’il faut comprendre est qu’un pays qui a un niveau de productivité plus important que ses concurrents n’a pas à utiliser la dévaluation compétitive pour augmenter artificiellement les performances de ses produits exportés.Tout le livre de Jacques Sapir est analysé via ses 2 mécanismes.L’Euro a été le levier qui a permis l’endettement massif des états sur les marchés financiers avec la perte de maîtrise budgétaire qui lui est désormais associé aux fluctuations des taux d’intérêts.L’Euro conçu comme monnaie unique a rendu inopérante les politiques d’ajustements commerciales permises par la maitrise de la fluctuation des monnaies.L’Euro était initialement conçu comme le pré-requis à une politique de convergence économique entre états. Qui dit convergence économique dit en cible, mise en place de relations équilibrées entre états sur un plan commercial. Mais cette dernière affirmation tire tout le potentiel économique d’un pays : sa productivité, son niveau de salaire réel, sa fiscalité.Hors comme le montre Jacques Sapir (et Patrick Artus), l’instauration de la monnaie unique a entrainé une guerre commerciale par les prix qui fait que sa chaque pays de la zone se spécialise là où il a un avantage comparatif en écho avec la théorie internationale des avantages comparatifs.Les pays de la zone ne présentent pas le même niveau de productivité, le même niveau de salaire réel, le même niveau d’inflation, la même fiscalité.L’Allemagne s’est spécialisée dans un modèle industriel haut de gamme alors que la France a un modèle économique mixte entre le modèle de service et le modèle industriel. L’Allemagne a un excédent commercial vis-à-vis des autres pays de la zone euro liée à la puissance de son industrie.Dans une vision angélique du monde, on ne comprend pas pourquoi pour des pays qui partagent une monnaie unique, le coût des emprunts est différencié d’un pays à l’autre.Mais c’est bien parce que l’on juge, analyse et évalue les performances individuelles de chaque pays que l’Euro peut devenir une contrainte pour des pays de la zone qui ne partagent pas les mêmes performances économique, ni le même modèle. La Grèce n’en constitue que l’exemple le plus évident.Si l’auteur se prononce pour une sortie claire de l’Euro, d’autres économistes (Patrick Artus, encore lui) prône la mise en place d’un budget Européen avec des mécanismes de redistribution pout corriger les écarts de performances économiques. Mais cette vision qui est similaire avec ce que peut être le système fédéral Américain ne serait pas applicable en Europe comme le laisse entendre Jacques Sapir car l’Europe n’a pas suffisamment de volonté, ni de maturité politique.

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