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La barbarie intérieure: Essai sur l'immonde moderne

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4Généalogie de la barbarie
Par V. Gilles
Ce livre “barbarie intérieure” de Mattéi permet de s’interroger sur la morale, et l’éthique d’un point occidentale sur l’Europe particulièrement. J’admire l’immense culture du plus grand philosophe français contemporain permettant de réfléchir à travers de nombreuses dimensions : politique, mythologique, artistique…Pour finir, je laisserais cet excellent compte-rendu de Jean-Marc GABAUDE.Jean-François Mattéi, La barbarie intérieure. Essai sur l’immonde moderne, Paris, PUF, 1999, coll. « Intervention philosophiqueCe brillant essai retient le lecteur par son intérêt actuel, sa construction historique et philosophique solide et son niveau élevé de culture et de langue claire. Les Grecs maîtrisaient le logos cependant que, selon eux, l’âme barbare résistait à la Forme. Cependant, Platon ouvre la voie à une reconnaissance de l’universalité. Ce sont les Romains qui séparent les barbares (peuples du dehors) du monde civilisé retranché derrière ses frontières. Malgré cela, après l’humanitas cicéronienne, Rome aspire à devenir la cité-monde. Les Romains avaient distingué barbarie de destruction et barbarie de vacuité. C’est le christianisme, avec son appel à l’intériorité, qui a parachevé l’intériorisation de la barbarie. La thèse centrale de l’auteur, c’est que, dans sa forme moderne, le barbare n’est plus le différent, non civilisé, tenu à l’écart, car le sujet moderne, rejetant la norme de l’universel et la transcendance du sens, a intériorisé la barbarie. Toutefois, loin d’être un processus historique, la barbarie « est constitutive de l’humanité même si le processus historique de subjectivation des Modernes a contribué à précipiter le passage de la barbarie prédatrice, caractéristique des civilisations anciennes, à la barbarie réfléchie » (p. 113), laquelle est une « barbarie de soumission ou de démission » (p. 26).L’auteur signale les dérives de l’autoproduction du sujet moderne et postmoderne : individualisme, subjectivisme, nihilisme. Déjà, en 1887, Nietzsche dénonçait erotica, socialistica, pathologica, « trois métaphores d’une même tendance à la régression » (4e page de couverture). J.-F. Mattéi analyse les effets de barbarie, insensés, décadents, dans les champs de l’éducation, de la culture et de la politique. À son avis, il faut revenir à des sources philosophiques, notamment grecques, et réagir contre la culture de masse. C’est l’homme-masse et son monde démocratique qui ont été la matrice des deux figures jumelles de la barbarie que sont nazisme et communisme (mais l’idée de communisme comme société d’abondance à préparer ne demeure-t-elle pas ?). « L’immonde est ce qui reste du monde quand le lointain s’est retiré, abandonnant le sujet à ce bourbier barbare, qui prend aujourd’hui le nom de masse, où s’abîme la pensée » (p. 286). C’est à la liberté personnelle que revient le dernier mot pour réduire l’immonde. Celui qui s’élève par la pensée ne sera plus « un simple sujet de l’histoire, mais un commencement » (p. 286). L’explicit postule alors l’idéalité qui s’impose : « Nous sommes tous un commencement » (id., in fine). En attendant, comment des milliards d’êtres humains victimes d’une barbarie extérieure peuvent-ils s’exhausser à cette hauteur ? Et puis tout commencement est-il, ipso facto, bon ? Voilà donc un ouvrage bien venu qui suscite questionnement et réflexion.

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4Intérêt de la lecture de cet ouvrage
Par The
“Chacun appelle barbare ce qui n’est pas de son usage” rappelait Montaigne. La barbarie interpelle en effet la question de l’altérité dans une société. Mais avec cet essai, va-t-on avoir droit à une nouvelle énième triste déploration sur le XXe siècle comme celui des horreurs commis par dans des pays dits “civilisés” ? Détrompez-vous, la réflexion ici se veut plus ambitieuse, elle entend montrer la part d’auto-destruction que recèle chaque civilisation. Qu’entend l’auteur par barbarie ? “Un concept métahistorique qui caractérise une attitude consubstantielle à tout état de civilisation, ou plus exactement encore, comme un concept métaphysique qui définit l’un des deux pôles par rapport auxquels l’homme trouve son orientation”.Pour se faire une meilleure idée du contenu, voici un compte-rendu de F. Chenet paru dans les “Les Études philosophiques” (n°68 – 2004/1).« D’où vient donc que nous soyons encore et toujours des Barbares ? », s’interrogea Schiller (en une formule qui est mise en épigraphe à l’ouvrage).Face à cette résurgence de la barbarie que donne à connaître notre siècle, plutôt que de verser dans le discours sur la décadence, voire dans un lamento dont on peut déplorer la stérilité, il convient de s’interroger sur le contenu rationnel de la notion de barbarie. Qui est le barbare ? Le barbare est-il à concevoir simplement comme l’Autre du civilisé ? Ou bien se peut-il que le barbare et le civilisé puissent coexister en l’homme même ? Y a-t-il une « connexion secrète entre la civilisation et la barbarie » (p. 21) ? La barbarie serait-elle la « face impure de l’idée d’humanité » (p. 18) ? Comment penser « la double polarité de l’humanité et de la barbarie en un seul et même être » (p. 21) ? Quelles sont donc les diverses manifestations et modalités de la barbarie, des plus grossières aux plus subtiles, si l’on entend par « barbarie », selon la définition de l’auteur, « l’ensemble des forces chaotiques qui menacent l’ordre de la cité comme la paix de l’âme, en soumettant l’homme intérieur au déchaînement de ses pulsions de violence » (p. 88) ? Quels en sont les effets repérables dans les divers domaines ou sphères de la vie sociale et de la culture ?Telles sont les questions qu’affronte et prend en charge l’auteur en retraçant l’histoire de la notion de barbarie, suivie sur la longue durée et ressaisie dans son cheminement historique et singulier, à travers les inflexions qu’elle connaît, les mutations évolutives qu’elle subit, de la pensée grecque (chap. I) à l’instauration romaine de l’humanisme, de la greffe chrétienne (chap. II) à l’émergence de la conception moderne du sujet et de l’individualisme (chap. III), pour finir avec les diverses formes du nihilisme contemporain (déjà pressenties et diagnostiquées par la singulière perspicacité de cet incomparable « médecin de la culture » que fut Nietzsche), telles qu’elles se manifestent notamment dans les domaines de l’éducation (chap. IV), de la culture (chap. V) et de la politique (chap. VI).« La désertification du sens et de l’âme égarée à sa recherche se manifeste de façon concrète par ses effets », que J.-F. Mattéi appelle avec beaucoup de bonheur des « effets de barbarie », cette expression désignant « toute forme de stérilité humaine dans les champs de l’éthique, de la politique, de l’éducation et de la culture (…). L’effet de barbarie se caractérise, doublement, à la fois par la vacuité de son origine – le sujet renfermé en lui-même – et par la vacuité de sa fin – l’absence de but. Il y a effet de barbarie chaque fois qu’une action, une production ou une institution de l’homme engagé dans la vie sociale n’élabore plus de sens, mais le détruit ou le consomme » (p. 27).« Toutes ces figures de barbarie conduisent l’homme à épuiser progressivement l’horizon traditionnel du sens » (p. 28) selon un processus de désertification croissante. La thèse centrale de l’auteur est que la barbarie, qui « est à la fois la désertion de soi et la régression du moi », « se lève lorsque l’homme devient prisonnier d’une intériorité qui se ferme à toute ouverture extérieure, à toute lumière extérieure – que ce soit celle de l’Idée (de Platon à Levinas), celle du Bien (chez Platon), celle du Tout Autre ou celle du visage (au sens de Levinas) » (p. 22) : la barbarie se lève lorsque l’homme, refusant de « lever son regard vers le ciel » (p. 21) et reniant « sa hauteur d’origine » (p. 193), se prive de toute référence verticale, de toute référence à « cette distance infinie qui, dans son altérité ou son altessité, conduit l’homme à “la hauteur d’au-delà toute hauteur”, d’où souffle continûment le sens » (p. 285), autrement dit, lorsque, « toute “hauteur abolie” (p. 195), l’homme, se fermant à toute “irruption de la transcendance”, se “coupe de ses racines spirituelles” (p. 232) et se prive de tout idéal spirituel qui l’introduise au plus profond de son être ».Voilà un essai dense, brillant, argumenté, alliant à la finesse d’analyse une vaste culture, et qui nous ouvre de rafraîchissantes perspectives de réflexion sur l’aventure humaine et son énigme. Rarement essai aura été aussi stimulant et enrichissant. Je n’hésiterai pas à dire que “La Barbarie intérieure” est un grand livre, ouvrant des perspectives fécondes qui ont connu un prolongement avec la parution d’une suite, non moins remarquable : J.-F. Mattéi et D. Rosenfeld (sous la dir.), “Civilisation et Barbarie. Réflexions sur le terrorisme contemporain”, PUF, coll. « Intervention philosophique », 2002.

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5Eloge de la culture
Par Laetitia Déranger
Ouvrage remarquable qui ne se lasse pas de nous replonger dans les racines de la culture et nous en révéler non seulement dans la sagesse mais la beauté et la richesse. Il faut faire l’effort de la lecture assez simple mais hautement révélatrice du déclin de notre culture, portée ici à son sommet. Et petit hommage à Jean-Francois Mattei, mort récemment.

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