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La Dérive fasciste. Doriot, Déat, Bergery (1933-1945)

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La Dérive fasciste. Doriot, Déat, Bergery (1933-1945) Commentaires clients:

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5Les voies complexes de la dérive fasciste
Par Emerek
Pour aider à comprendre la complexité des idées, des attitudes, des évolutions et, au final, des drames qui ont marqué la seconde guerre mondiale, le livre de Philippe Burrin est absolument remarquable. En prenant trois itinéraires du monde politique de gauche (Doriot, l’ancien communiste, Déat, l’ancien socialiste, Bergery, l’ancien radical), il montre comment il a été possible de verser dans le fascisme en partant de socles idéologiques qui lui étaient, pourtant, foncièrement opposés. Certes, il ne s’agit pas, par goût du paradoxe ou par provocation, de faire de cas particuliers la loi générale d’une gauche qui mènerait au fascisme. À cet égard, l’auteur prend soin, dès l’introduction, de préciser que ce phénomène « est numériquement faible et largement minoritaire au sein de la collaboration », mais il ajoute aussitôt que ce même phénomène « est d’importance en raison de la place tenue par certains de ces anciens hommes de gauche : les deux plus importants partis de la collaboration, le RNP et le PPF, furent dirigés par un ancien socialiste et un ancien communiste, et animés par un certain nombre d’anciens militants de ces partis » (p. 15). L’auteur, au fil d’une analyse serrée sur 500 pages, étayée par quantité de documents et d’informations diverses, retrace ces parcours singuliers, tentant d’en expliquer les ressorts. Des facteurs contingents n’y sont pas bien sûr étrangers, notamment les ambitions frustrées des trois hommes politiques. En particulier, on voit bien comment Doriot, rejeté par le Parti communiste, est devenu un anti-bolchevik féroce. Cependant, des traits tels que la fascination de la rénovation, la recherche d’un nouvel élan politique, plus curieusement un pacifisme sincère, ont également constitué des variables agissant sur la fascisation. En définitive, Philippe Burrin nous montre magistralement combien les lectures habituelles de la fascisation – à savoir une vision linéaire qui par porosités successives dérive le fascisme de la pensée traditionnelle de droite ou une vision circulaire qui, suivant l’adage que « les extrêmes se rencontrent », le ferait résulter des formes politiques les plus extrémistes, toutes orientations politiques confondues, avec comme point de mire actuel ce pseudo-concept politique que constitue le « populisme » – bref, ces lectures, sans être totalement fausses, n’en sont pas moins très réductrices de la complexité des cheminements. Dès lors, si ce livre est avant tout une analyse particulièrement puissante de la collaboration pendant la seconde guerre mondiale, il est aussi de nature – sans prétendre que ce serait l’intention de l’auteur -, à nous outiller pour un examen critique de certaines pensées ou rhétoriques bien actuelles. Par exemple, le poncif récurrent qui consiste à voir dans l’Europe un antidote imparable au fascisme est à relativiser sérieusement au regard de certains discours des années 30-40. Par exemple – petite devinette -, qui a bien pu dire que les frontières politiques seraient « dévalorisées au profit des échanges économiques », la « répartition équitable des matières premières » mettrait fin aux « fermentations autarciques », l’Europe « pacifiée, organisée, coordonnée » deviendrait « la collectivité la plus riche, la plus puissante, et de loin, de toute la planète » (p. 424) ? Schuman ? Monnet ? Delors peut-être ? Non, Marcel Déat, en octobre 1940. Et de qui parle ce même Marcel Déat, en disant de lui qu’il « a une pleine conscience de ses responsabilités continentales, qu’il pense et qu’il sent l’Europe autant que sa propre nation, et qu’il met sa plus haute gloire à construire la société des peuples, à instaurer une paix durable, à agencer un mode de vie meilleur pour la masse des travailleurs de tous les pays » ? (p. 423). Il s’agit… d’Hitler. Encore une fois, évitons le simplisme : il serait bien stupide d’affirmer que l’Europe conduit au fascisme… mais guère plus judicieux de dire qu’elle nous en éloigne nécessairement. Certains, au début des années 40, étaient disposés à accepter le nazisme pour mieux instaurer l’Europe, comme d’autres aujourd’hui sont prêts à tous les libéralismes économiques au nom de cette même Europe. L’Europe en soi est un projet vide et elle peut déboucher sur le meilleur comme sur le pire en fonction de ce qu’on y mettra.Dans le même ordre d’idée, mais de manière inverse, la Nation est, elle, souvent vilipendée, rendue porteuse de tous les maux, voire réputée accoucheuse de la « bête immonde ». Mais laissons Burrin y répondre ; il s’agit de la dernière phrase du livre : « ceux qui cherchèrent la régénération de la nation à travers le façonnement totalitaire le firent dans la soumission, celui qui voulut inflexiblement la grandeur de la France [De Gaulle en l’occurrence…] ne fut pas un fasciste » (p. 499).

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5Le suicide d’une certaine gauche : la collaboration avec l’ennemi nazi
Par Latour07
Philippe Burrin est un historien spécialiste de l’antisémitisme, du fascisme, de la haine raciale nazie. En 1986, cet ouvrage est publié ; il lève un véritable vent de colère dans la gauche française, attise la violence à l’extrême droite. Pourquoi ? Parce qu’il est, à ma connaissance, le premier historien, à exposer que la gauche française fut bien représentée dans la collaboration nazie. Contrairement à ce que véhicula une certaine propagande, les collaborationnistes, qui post-guerre se retrouvaient dans l’extrême droite, provenaient majoritairement, non de l’extrême droite d’avant guerre, mais des différents mouvements et partis de gauche. Simon Epstein développera ultérieurement plus avant cette recherche dans le remarquable ouvrage d’Histoire, “Un paradoxe français : Antiracistes dans la Collaboration, antisémites dans la Résistance”.Précisions préalables :1/ la collaboration en France ne concerna qu’une minorité de Français – comme à l’opposé, hélas, la Résistance,2/ le parti communiste, après la rupture du pacte germano-soviétique, s’engagea massivement dans la Résistance (FTP),3/ Nombreuses personnalités de gauche combattirent aux côtés de celles de la droite dite extrême, dans la France Libre et la Résistance. Par exemple, Jean Moulin était un radical de gauche, Gaston Defferre était socialiste.Au travers de trois portraits, Philippe Burrin retrace les évolutions de mouvements de gauche, la radicalisation de pensée de certains de ses éléments actifs :- Déat, ancien de la SFIO (Parti Socialiste), élève du philosophe Alain qui – lecteur admiratif de “Mein Kampf” après la défaite en juillet 1940 – l’accompagnera jusqu’au bout dans son engagement collaborationniste avec l’ennemi, professeur de philosophie à Louis Le Grand – Déat est l’inventeur du terme “collaborationniste”;- Bergery, le radical de gauche, avocat, qui en mars 1939, trouvait en Hitler, un homme “brutal, mais loyal” (p.304);- Doriot, le responsable communiste du recrutement de la jeunesse, qui eut le privilège de rencontrer Staline à Moscou, représentera l’expression la plus “épurée” du fascisme à la française, créant la LVF, combattant sur le Front Russe, le fondateur et dirigeant du PPF, concurrent de la Milice de Darnand, fanatique de l’hitlérisme.Ces trois personnages illustrent des visages divers d’une honteuse collaboration. Tous, avant guerre, étaient des pacifistes “luttant pour la paix, l’hostilité envers tout réarmement et toute politique d’alliances antagonistes, ainsi que pour la défense et l’extension des libertés démocratiques”. (p.116).Le lecteur est saisi par les dérives de ces infâmes personnages, aux frustrations croissantes, se réfugiant sous l’ombre protectrice d’un Hitler idéalisé, portrait aussi faux que le sens de leur combat.”Ils divisèrent la nation au lieu de la rassembler, se séparèrent d’elle au lieu de la représenter, enfin, loin de la redresser, mirent son abaissement au principe de leur action. De sorte qu’apparaît la paradoxale situation du fascisme en France, et sa profonde difficulté d’être : ceux qui cherchèrent la régénération de la nation à travers le façonnement totalitaire le firent dans la soumission, celui qui voulut inflexiblement la grandeur de la France [De Gaulle] ne fut pas un fasciste”(p.499)

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5Passionnant
Par odp
Livre passionnant sur le désarroi et les ambitions de 3 hommes “de gauche” basculant insensiblement vers le fascisme puis la collaboration. Très éclairant pour la période actuelle.

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